Les lectures de Stemilou ... Lire, Lire, Lire avec plaisir!!
Qui que vous soyez qui voulez cultiver, vivifier, édifier, attendrir,
apaiser, mettez des livres partout
Victor Hugo
Prix des lecteurs Livre
de Poche 2009
Sélection Juin

Présentation de l'éditeur
Tout va pour le mieux à Rio de Janeiro, en cette année 1924. Mais lorsque les immortels de l'Académie des lettres s'écroulent raides morts les uns
après les autres, voilà qui fait désordre ! Coïncidences ? Tel n'est pas l'avis de Machado Machado, policier lettré que son éternel panama rend irrésistible aux yeux des dames. Un thé avec les "
empanachés" de l'Académie, une visite dans la loge d'une fougueuse actrice française, sans oublier un essayage chez un tailleur nain ! Au fil de son enquête, le commissaire va découvrir une faune
bien inquiétante, et pas toujours des mieux intentionnées.
Mon avis
Brésil. 1924. Le sénateur Bezerra vient de publier un roman Meurtres à l’académie et de se faire élire à l’Académie brésilienne des lettres fondée à Rio de Janeiro en 1897 sur le modèle de l’Académie française.
Le jour de son investiture, le voilà qu’il monte sur l’estrade afin de prononcer un discours digne d’un « immortel » (nom donné aux académiciens) mais la mort brutale de celui-ci vient interrompre les festivités.
Lors des obsèques du sénateur Bezarra un autre immortel l’avocat Varejeira, réputé pour sa mauvaise haleine, entame un discours sur le cher disparu lorsque lui-même s’écroule tout à coup. Une coïncidence ? Pas pour le commissaire Machado Machado alias la Chouette, policier lettré qui doit son nom répétitif à l’écrivain brésilien Machado de Assis adoré par son père.
Il va mener l’enquête, aidé de son ami et médecin légiste Penna-Monteiro, pour empêcher l’empoisonnement de tous les académiciens, les « empanachés » comme les surnomme la presse.
Meurtres, humour, références latines et poisons nous entraine à la poursuite d’un meurtrier et d’une secte millénaire d’empoisonneurs. On retrouve dans ce roman une satire de la société brésilienne et de ses excès : notables avares et vaniteux, ambassadrice nymphomane, une actrice française, prêtre douteux… mais également tous ces petites gens fiers qui font le Brésil.
Avis de LIRE
Entre investigation policière et satire politique, le roman du Brésilien Jô Soares écorne les vaniteux.
Comédien et humoriste brésilien, Jô Soares est un personnage exubérant, imposant (il pèse un bon quintal), célébrissime dans son pays grâce à ses émissions de télévision. Dans les douze pays où ses romans sont traduits, il est surtout connu comme auteur de polars historiques. On se souvient du drôlatique Elémentaire, ma chère Sarah!, dans lequel il provoquait la rencontre de Sherlock Holmes et Sarah Bernhardt au Brésil. Cette fois-ci, les décors de théâtre cèdent la place à la bouffonnerie d'un petit monde littéraire. Nous sommes en 1924 et le sénateur Bezerra vient de publier un roman, médiocre, intitulé Meurtres à l'Académie. Hasard? Cet intime du président de la République se fait aussitôt élire... à l'Académie brésilienne des lettres. Mais, au moment de prononcer son discours d'investiture, le potentat décède brutalement. Lors des obsèques, un autre académicien, l'avocat Varejeira - redouté pour ses plaidoiries autant que pour sa mauvaise haleine - entame une oraison funèbre. Et s'écroule sur le cercueil. Ne croyant pas aux coïncidences, le sémillant commissaire Machado Machado (hommage au grand écrivain brésilien Joaquim Maria Machado de Assis) va chercher à savoir qui veut la mort des Immortels. Toujours impeccablement vêtu d'un costume de lin blanc et de son panama, sorte de Tom Wolfe égaré au Brésil, ce héros récurrent surnommé «la Chouette» entame une course contre la montre (de gousset), aidé d'un ami légiste, pour empêcher l'empoisonnement de l'ensemble des Impérissables.
Soares aime détourner les genres et son enquête policière vire à la comédie politique, au vaudeville désopilant. L'homme de Rio n'a pas seulement le sens de l'humour. Erudit, il multiplie les clins d'oeil à la culture française, joue les latinistes distingués et livre un cours magistral sur l'histoire des substances toxiques, leurs antidotes et les mille et une manières de les administrer. Le sympathique libertaire s'avère également maître dans l'art de la satire, à travers une galerie de portraits sans pitié pour les gens de pouvoir: notables, généraux, patrons de presse, hommes d'Eglise, courtisanes... et bien entendu écrivains «empanachés». Emphatiques, avares, pompeux ou vaniteux, ils sont le plus souvent grotesques, comme peuvent l'être dans la réalité certains hommes de plume aux airs de paon.
Bonne journée